# Acheter en Chine et revendre en France, les étapes clés
L’importation de produits depuis la Chine vers la France représente aujourd’hui une opportunité commerciale majeure pour les entrepreneurs et les entreprises établies. Avec plus de 11,8% des importations françaises composées de vêtements chinois et une part croissante des équipements électroniques, le géant asiatique s’impose comme un partenaire incontournable. Cette dynamique s’explique par des coûts de production compétitifs, une infrastructure logistique performante et une capacité de production à grande échelle. Pourtant, réussir dans l’import-export avec la Chine nécessite bien plus qu’une simple commande en ligne. Entre la sélection rigoureuse des fournisseurs, la maîtrise des réglementations douanières européennes et l’optimisation de votre chaîne logistique, chaque étape requiert expertise et vigilance pour transformer cette opportunité en succès commercial durable.
Sourcing produits en chine : plateformes B2B et identification des fournisseurs fiables
Le sourcing de produits constitue la première étape critique de votre projet d’importation. Cette phase détermine non seulement la qualité de vos marchandises, mais également votre rentabilité future. En Chine, l’écosystème B2B s’est considérablement structuré ces dernières années, offrant aux acheteurs internationaux des outils sophistiqués pour identifier et évaluer leurs partenaires commerciaux potentiels.
La réussite de votre sourcing repose sur votre capacité à distinguer les fournisseurs sérieux des opportunistes. Cette compétence s’acquiert progressivement, mais certaines méthodologies éprouvées accélèrent considérablement votre courbe d’apprentissage. L’utilisation combinée de plateformes digitales, d’audits physiques et de vérifications documentaires forme le triptyque d’un sourcing efficace.
Alibaba, 1688.com et global sources : comparatif des marketplaces chinois
Alibaba domine incontestablement le marché des plateformes B2B internationales avec plus de 200 millions d’acheteurs dans 190 pays. Son interface multilingue et son système de vérification des fournisseurs en font un point d’entrée privilégié pour les importateurs débutants. La plateforme propose des fonctionnalités avancées comme Trade Assurance, qui protège vos paiements jusqu’à la livraison conforme des marchandises.
1688.com, propriété du groupe Alibaba, représente la version domestique chinoise de la marketplace. Les prix y sont généralement 15 à 30% inférieurs à ceux d’Alibaba international, car vous achetez directement aux tarifs du marché chinois. Cependant, l’interface entièrement en mandarin et l’absence de services d’exportation intégrés nécessitent l’accompagnement d’un agent de sourcing ou une maîtrise de la langue chinoise. Cette plateforme convient particulièrement aux importateurs expérimentés recherchant les meilleures conditions tarifaires.
Global Sources se distingue par sa spécialisation dans l’électronique et les produits technologiques. Contrairement aux marketplaces généralistes, cette plateforme organise également des salons professionnels physiques à Hong Kong, permettant des rencontres directes avec les fabricants. Leur processus de vérification des fournisseurs s’avère plus rigoureux, ce qui justifie des tarifs légèrement supérieurs mais une fiabilité accrue.
Vérification des certifications ISO et audits fournisseurs via SGS ou bureau veritas
La possession de certifications ISO ne garantit pas automatiquement la qualité, mais constitue un indicateur favorable. Les normes ISO 9001 pour le management de
management de la qualité et ISO 14001 pour l’environnement sont particulièrement recherchées lors d’un achat en Chine pour revendre en France.
Avant de valider un fournisseur, demandez systématiquement copie de ses certificats ISO, de sa licence d’exportation et, le cas échéant, des rapports d’audit déjà réalisés par des tiers. Vous pouvez ensuite faire vérifier l’authenticité de ces documents auprès d’organismes indépendants comme SGS, Bureau Veritas ou TÜV. Ces sociétés proposent des services d’audit usine in situ : vérification des capacités de production, contrôle des process qualité, revue des documents internes et évaluation des conditions de travail.
Un audit fournisseur coûte généralement entre 300 et 800 USD selon la région et la complexité de la mission, mais il vous évite des pertes bien supérieures liées à une production non conforme ou à un fournisseur fantôme. Pensez à exiger un factory audit report détaillé, avec photos, commentaires sur les lignes de production, gestion des non-conformités et procédures de tests internes. En combinant vérification documentaire et audit terrain, vous réduisez drastiquement le risque de mauvaises surprises à l’arrivée des marchandises en France.
Négociation des MOQ et conditions de paiement par lettre de crédit
Une fois le fournisseur présélectionné, la négociation des MOQ (Minimum Order Quantity) et des conditions de paiement devient centrale pour la rentabilité de votre importation depuis la Chine. Les usines chinoises fixent souvent des MOQ élevés pour optimiser leur production, mais ces seuils sont rarement définitifs. En argumentant sur une stratégie de commande progressive (test de marché, perspectives de volumes futurs, positionnement premium), vous pouvez fréquemment réduire le MOQ de 30 à 50 % sans dégrader la relation commerciale.
Concernant le paiement, la pratique courante repose sur un acompte de 30 % à la commande et 70 % avant expédition par virement bancaire. Pour des montants importants ou si vous débutez avec un fournisseur, la lettre de crédit documentaire (L/C) offre un niveau de sécurité supérieur. Avec une L/C, votre banque ne libère les fonds que si le vendeur présente les documents conformes (connaissement, facture, certificat d’origine, etc.). C’est une forme d’« assurance » qui protège à la fois votre trésorerie et vos risques de non-livraison.
La contrepartie d’une lettre de crédit est son coût (frais bancaires) et une certaine lourdeur administrative. Elle reste toutefois très pertinente dès que le montant de la commande dépasse plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour des volumes plus modestes, vous pouvez opter pour des paiements échelonnés ou des garanties de type Trade Assurance sur Alibaba, tout en limitant l’avance à un niveau acceptable pour votre trésorerie.
Échantillonnage produit et contrôle qualité pré-expédition
Acheter en Chine pour revendre en France sans passer par une étape d’échantillonnage est l’un des pièges les plus fréquents. Avant toute production de masse, exigez des samples de pré-production et, si besoin, plusieurs itérations jusqu’à obtenir un produit parfaitement conforme à votre cahier des charges (dimensions, matériaux, finitions, packaging, marquage CE, notice en français, etc.). Ces échantillons serviront de référence contractuelle pour la série.
Une fois la production lancée, prévoyez un contrôle qualité pré-expédition (Pre-Shipment Inspection). Des sociétés comme SGS, Bureau Veritas ou AsiaInspection (QIMA) peuvent se rendre dans l’usine chinoise pour vérifier un échantillon statistique de votre lot selon la norme AQL. Elles contrôlent l’aspect général, les fonctionnalités, les étiquetages, mais aussi la conformité aux normes européennes lorsque des rapports de test sont disponibles. Pensez à inclure dans votre contrat la possibilité de refuser la marchandise en cas de non-conformité majeure détectée lors de cette inspection.
Ce contrôle qualité final coûte une fraction de la valeur du lot, mais il évite de remplir votre entrepôt français de produits invendables ou non conformes. En pratique, vous pouvez combiner inspection en cours de production (During Production Inspection) et inspection pré-expédition pour les projets à fort enjeu, afin de corriger d’éventuels écarts avant qu’il ne soit trop tard.
Réglementation douanière et formalités d’importation depuis la chine vers la france
Une fois votre produit défini et votre fournisseur sécurisé, la seconde grande étape consiste à maîtriser la réglementation douanière applicable aux importations depuis la Chine. Dédouanement, Incoterms, calcul des droits et TVA à l’importation : ces notions peuvent sembler techniques, mais elles conditionnent directement votre prix de revient final et donc votre marge en France. L’objectif est simple : éviter les blocages en douane, anticiper les coûts et sécuriser la mise sur le marché.
Incoterms 2020 : FOB, CIF et DDP pour optimiser les coûts logistiques
Les Incoterms 2020 définissent la répartition des coûts, des risques et des responsabilités entre vous et votre fournisseur chinois. Dans le cadre d’un achat en Chine pour revendre en France, les termes les plus utilisés sont FOB (Free On Board), CIF (Cost, Insurance and Freight) et DDP (Delivered Duty Paid). Comprendre ces Incoterms revient un peu à savoir jusqu’où votre fournisseur pousse le chariot et à partir de quel point vous prenez le relais.
En FOB, le vendeur est responsable des formalités d’export, jusqu’au chargement de la marchandise à bord du navire au port chinois (par exemple Shenzhen ou Ningbo). Vous prenez ensuite en charge le transport maritime, l’assurance, le dédouanement en France et la livraison finale. Ce schéma est très apprécié des importateurs car il permet de négocier directement avec un transitaire et de garder le contrôle sur les coûts logistiques.
En CIF, le fournisseur gère également le fret maritime et l’assurance jusqu’au port d’arrivée (Le Havre, Marseille). Cela peut sembler plus simple, mais les coûts sont souvent moins transparents, et vous gardez malgré tout la responsabilité du dédouanement et des droits de douane. Le DDP, lui, inclut la livraison jusqu’à votre entrepôt en France, droits et taxes compris. Si ce terme paraît confortable, il comporte des zones grises juridiques et fiscales : laissez-le aux opérations très spécifiques et privilégiez FOBy ou CIF pour garder une bonne visibilité sur vos opérations.
Documents obligatoires : facture commerciale, packing list et certificat d’origine
Pour qu’une importation de Chine vers la France se déroule sans encombre, vous devez fournir à votre transitaire et aux douanes un certain nombre de documents obligatoires. Le trio de base se compose de la facture commerciale (commercial invoice), de la packing list (liste de colisage) et du certificat d’origine. Ces documents doivent être cohérents entre eux : même description de produits, mêmes quantités, même valeur déclarée.
La facture commerciale reprend l’ensemble des éléments de la transaction : coordonnées de l’acheteur et du vendeur, Incoterm utilisé, description précise des produits, code douanier indiqué par le fournisseur si possible, prix unitaire et total, devises, conditions de paiement. La packing list détaille quant à elle le contenu physique de la cargaison : nombre de cartons, poids brut et net, dimensions, référence des produits par colis. Elle est indispensable pour la manutention, le contrôle et la vérification des quantités à l’arrivée.
Le certificat d’origine, souvent établi par la Chambre de commerce chinoise locale, atteste que les marchandises sont originaires de Chine. Ce document peut influencer les droits de douane selon les accords commerciaux en vigueur. Pour certains produits sensibles ou soumis à des mesures spécifiques (antidumping, par exemple), d’autres documents peuvent être exigés : certificats sanitaires, phytosanitaires, certificats de conformité, etc. Votre transitaire vous aidera à identifier la liste exacte en fonction de votre code douanier.
Code TARIC et calcul des droits de douane selon la nomenclature combinée
Le calcul des droits de douane en France (et plus largement dans l’UE) repose sur le code TARIC, dérivé de la nomenclature combinée (NC). Chaque produit importé se voit attribuer un code à 10 chiffres qui détermine le taux de droits de douane applicable, les éventuelles mesures de suspension ou de contingent, ainsi que les règles particulières (certificats, restrictions, etc.).
Identifier le bon code TARIC est une étape stratégique, car une mauvaise classification peut entraîner redressements, amendes ou blocages en douane. Vous pouvez utiliser les bases de données en ligne des douanes européennes ou solliciter l’aide de votre transitaire pour affiner ce classement. En cas de doute, il est possible de demander un Renseignement Tarifaire Contraignant (RTC) à l’administration, qui vous donnera une décision officielle sur le code à utiliser.
Une fois le code TARIC déterminé, le calcul des droits se fait sur la base de la valeur en douane, généralement la valeur CIF (valeur des marchandises + fret + assurance jusqu’au port européen). Par exemple, si vos produits sont soumis à 4 % de droits de douane, ce pourcentage s’applique sur la valeur CIF. À cette base viendront ensuite s’ajouter la TVA à l’importation et les éventuels frais de dossier ou taxes parafiscales spécifiques. Anticiper ces montants en amont de votre projet vous permet de calculer un prix de revient réaliste et d’éviter les mauvaises surprises.
TVA à l’importation et déclaration en douane via DELTA
En France, la TVA à l’importation est due pour la plupart des marchandises provenant de Chine, au taux standard de 20 % (sauf exceptions : taux réduit, produits spécifiques). Elle se calcule sur la base de la valeur en douane majorée des droits de douane et des éventuelles taxes annexes. Autrement dit, la TVA porte non seulement sur le prix du produit, mais aussi sur le transport international et les droits de douane, ce qui peut surprendre lors de votre première importation.
La déclaration en douane se fait via le système électronique français DELTA, généralement par l’intermédiaire de votre transitaire ou commissionnaire en douane. Celui-ci se charge de transmettre l’ensemble des données (codes TARIC, valeurs, Incoterms, origine, etc.) et de régler pour votre compte les droits et taxes dus, qu’il vous refacturera ensuite. Depuis 2022, la plupart des entreprises assujetties à la TVA en France auto-liquidant la TVA à l’importation, celle-ci n’est plus effectivement payée aux douanes mais déclarée et déduite sur la déclaration de TVA, améliorant ainsi la trésorerie des importateurs.
Pour bénéficier de l’auto-liquidation, vous devez disposer d’un numéro de TVA intracommunautaire valide et être correctement paramétré auprès de l’administration fiscale. Votre expert-comptable ou votre service comptable devra ensuite intégrer ces opérations dans votre déclaration de TVA, en veillant à ventiler correctement les montants de TVA collectée et déductible. Une bonne maîtrise de cette mécanique vous permet de rester conforme tout en optimisant votre cash-flow.
Conformité réglementaire CE et normes européennes pour la revente en france
Importer de Chine pour revendre en France ne se limite pas à franchir la frontière douanière. En tant qu’importateur, vous devenez juridiquement responsable de la conformité des produits aux exigences européennes. En cas de problème de sécurité ou de contrôle par la DGCCRF, c’est votre entreprise qui sera mise en cause, pas l’usine chinoise. D’où l’importance cruciale de comprendre les règles de marquage CE, les normes applicables à votre catégorie de produits et les preuves à conserver.
Marquage CE obligatoire et déclaration de conformité UE
Le marquage CE indique qu’un produit respecte les exigences essentielles de sécurité, de santé et de protection de l’environnement définies par les directives européennes. Il est obligatoire pour de nombreuses catégories de produits courants importés de Chine : jouets, équipements électriques et électroniques, machines, équipements radio, équipements de protection individuelle, etc. Vendre en France un produit devant porter le marquage CE sans qu’il soit réellement conforme vous expose à des sanctions lourdes, voire à un retrait du marché.
Concrètement, le fabricant (ou à défaut, l’importateur) doit constituer un dossier technique et rédiger une déclaration UE de conformité qui liste les directives et normes harmonisées appliquées. Même si votre fournisseur chinois vous envoie une déclaration toute prête, vous devez vérifier qu’elle est cohérente : références exactes des normes, coordonnées complètes du fabricant, description fidèle du produit. En cas de contrôle, les autorités peuvent exiger ce dossier technique ; si vous êtes dans l’incapacité de le fournir, vous serez considéré comme non conforme.
Il est donc judicieux, dès la phase de sourcing, de vérifier que le fournisseur a l’habitude de travailler avec le marché européen et qu’il dispose déjà de rapports de tests CE récents émis par des laboratoires reconnus. N’hésitez pas à intégrer dans votre contrat les obligations documentaires (copies des rapports, mise à jour en cas de modification produit) afin de sécuriser votre position.
Normes EN spécifiques : jouets EN71, électronique EN 60950, textiles REACH
Au-delà du marquage CE, chaque famille de produits est encadrée par des normes EN spécifiques qui traduisent concrètement les exigences de sécurité. Pour les jouets par exemple, la norme EN71 (et ses différentes parties) détaille les tests mécaniques, chimiques et d’inflammabilité à réaliser. Pour les équipements électriques et électroniques, ce sont des normes comme EN 60950 ou EN 62368 (sécurité des équipements audio/vidéo, des technologies de l’information et de la communication) qui s’appliquent. Les luminaires seront soumis à d’autres références encore, tout comme les machines industrielles.
Les textiles et articles de mode, très souvent importés de Chine pour être revendus en France, doivent notamment respecter le règlement REACH, qui encadre l’utilisation des substances chimiques. Il s’agit par exemple de limiter la présence de colorants azoïques, de phtalates ou de métaux lourds dans les teintures et les impressions. Là encore, votre fournisseur doit être en mesure de produire des rapports de tests réalisés sur les matières premières et produits finis, attestant du respect des seuils réglementaires.
Se familiariser avec ces normes peut sembler fastidieux, mais c’est un investissement indispensable si vous souhaitez bâtir une activité pérenne. Vous pouvez vous appuyer sur des consultants spécialisés, des organismes de normalisation (AFNOR) ou vos laboratoires partenaires pour identifier précisément la liste des normes applicables à votre gamme. En cas de doute, posez-vous cette question : « Si un client est blessé en utilisant ce produit, suis-je capable de prouver que j’ai tout mis en œuvre pour garantir sa sécurité ? »
Tests en laboratoire accrédité COFRAC pour la certification produit
Pour sécuriser définitivement votre démarche, il est recommandé de faire réaliser des tests en laboratoire tiers, idéalement accrédité COFRAC (Comité français d’accréditation) ou reconnu au niveau européen. Ces tests permettent de vérifier de manière indépendante que vos produits chinois respectent bien les normes EN et directives CE revendiquées par le fabricant. Ils constituent une preuve solide en cas de contrôle et renforcent la crédibilité de votre marque auprès de vos clients professionnels.
Vous pouvez choisir de tester un échantillon représentatif de votre production initiale, puis de réaliser des tests de suivi réguliers en cas de modifications de lot, de changement de matière ou de fournisseur. Les coûts varient fortement selon la complexité du produit et la liste des essais à effectuer, mais ils doivent être intégrés dès le départ dans votre calcul de prix de revient et de marge. À terme, cette démarche de contrôle systématique est souvent moins coûteuse qu’un rappel massif de produits non conformes.
Enfin, n’oubliez pas que ces tests peuvent être menés soit en Europe, soit en Chine, dans des laboratoires appartenant à de grands groupes internationaux. L’essentiel est de choisir un partenaire reconnu, capable de vous fournir des rapports complets, en anglais ou en français, qui pourront être facilement exploités par les autorités et vos clients B2B.
Logistique internationale : transport maritime et aérien depuis les ports chinois
Après le sourcing, la douane et la conformité, reste à organiser le parcours physique de vos marchandises entre la Chine et la France. La logistique internationale est un maillon clé de votre chaîne de valeur : délais, fiabilité, coûts de transport et de stockage ont un impact direct sur votre trésorerie et sur l’expérience de vos clients. Faut-il privilégier le fret maritime ou aérien ? Quel port de départ choisir ? Comment optimiser le taux de remplissage de vos conteneurs ?
Transitaires et freight forwarders : bolloré logistics, DHL global forwarding
Pour piloter efficacement vos importations, vous aurez besoin d’un transitaire international (freight forwarder) ou d’un commissionnaire en douane. Ces intermédiaires organisent le transport de bout en bout : réservation d’espace sur les navires ou avions, coordination avec l’usine, formalités d’export en Chine, dédouanement à l’arrivée, livraison jusqu’à votre entrepôt. Des acteurs comme Bolloré Logistics, DHL Global Forwarding, Kuehne+Nagel ou Geodis disposent de réseaux très étendus entre la Chine et la France.
Travailler avec un bon transitaire, c’est un peu comme s’entourer d’un copilote expert qui anticipe les turbulences. Il vous conseille sur le choix optimal entre maritime, aérien ou express, sur les périodes de tension (Nouvel An chinois, pics saisonniers), et sur les options d’assurance transport. Il peut également vous proposer des solutions de groupage, de stockage intermédiaire, voire de préparation de commandes si vous n’avez pas encore d’entrepôt en France.
Lors de vos premiers échanges, n’hésitez pas à demander plusieurs cotations pour un même trajet, en détaillant précisément le volume, le poids, la nature des marchandises et l’Incoterm retenu. Comparez non seulement les tarifs, mais aussi les temps de transit, les surcharges éventuelles (BAF, CAF, GRI), la qualité du suivi et la réactivité du service client. Dans la durée, une relation de confiance avec un transitaire sérieux vaut largement quelques euros d’écart par mètre cube.
Port de shanghai, shenzhen et ningbo : délais d’acheminement vers le havre ou marseille
La plupart des marchandises importées de Chine vers la France par voie maritime partent de grands ports comme Shanghai, Shenzhen (Yantian), Ningbo-Zhoushan ou Qingdao. Ces hubs disposent de liaisons régulières avec les ports français du Havre, de Marseille-Fos ou d’Anvers/Rotterdam (avec préacheminement routier ensuite vers la France). Les temps de transit maritimes varient en moyenne entre 30 et 40 jours selon la route et la compagnie.
Pour un importateur, il est important de raisonner en délai porte à porte plutôt qu’en simple temps de mer. À la traversée s’ajoutent en effet le pré-acheminement jusqu’au port chinois, les opérations de chargement et de déchargement, le dédouanement, puis le transport terrestre jusqu’à votre entrepôt français. En pratique, comptez plutôt 40 à 50 jours entre la sortie d’usine et la réception de vos palettes en France.
Anticiper ces délais est crucial si vous vendez en ligne ou en retail avec des pics de demande marqués (Noël, soldes, rentrée scolaire). Vous devrez parfois lancer la production et l’expédition plusieurs mois à l’avance pour être certain de disposer du stock nécessaire au bon moment. Une planification rigoureuse, couplée à un suivi rapproché de votre transitaire, vous évitera les ruptures de stock coûteuses et les frustrations côté clients.
Conteneur FCL versus groupage LCL selon le volume d’importation
Lorsque vous importez par bateau, vous avez le choix entre un conteneur complet (Full Container Load, FCL) ou un groupage (Less than Container Load, LCL) si votre volume ne remplit pas un conteneur entier. Un conteneur 20 pieds peut contenir en moyenne de 28 à 33 m³ de marchandises, tandis qu’un 40 pieds grimpe à 60–70 m³. Au-delà d’un certain seuil (en général 12–15 m³), le FCL devient souvent plus économique et plus sûr que le LCL.
En LCL, votre cargaison partage l’espace du conteneur avec celles d’autres importateurs. Le coût au mètre cube est plus élevé, et les délais peuvent être rallongés par les opérations de regroupement et de dégroupement en entrepôt. Vous vous exposez également à un risque accru de dommages, chaque manipulation supplémentaire augmentant la probabilité d’un incident. Le LCL reste néanmoins une solution adaptée pour tester un marché ou démarrer une nouvelle gamme sans immobiliser trop de capital.
Au fur et à mesure que votre activité d’achat en Chine pour revente en France se développe, l’objectif sera donc de passer progressivement au FCL. Cela vous permettra de réduire le coût unitaire de transport, de sécuriser davantage votre marchandise et de maîtriser plus finement vos plannings logistiques. Votre transitaire pourra vous accompagner dans cette transition en vous indiquant le moment où le basculement LCL → FCL devient économiquement pertinent.
Stratégie de distribution multicanale sur le marché français
Importer depuis la Chine n’est qu’une moitié de l’équation : l’autre moitié consiste à vendre efficacement vos produits en France. Pour maximiser vos chances de succès, il est pertinent d’adopter une stratégie de distribution multicanale, combinant vente en ligne, marketplaces et circuits B2B traditionnels. Chaque canal a ses forces et ses contraintes : l’enjeu est de les articuler intelligemment plutôt que de les opposer.
Vente en ligne : création boutique shopify, WooCommerce et intégration amazon FBA france
La vente en ligne reste le levier le plus accessible pour démarrer lorsque l’on souhaite acheter en Chine et revendre en France. Des solutions comme Shopify ou WooCommerce (sur WordPress) permettent de créer une boutique en quelques jours, avec un investissement de départ limité. Vous gardez la main sur votre image de marque, vos marges et la relation client, tout en automatisant une grande partie du processus (paiements, confirmations de commande, facturation).
Parallèlement, Amazon FBA France offre une formidable vitrine pour toucher des millions de clients déjà en confiance avec la plateforme. En expédiant vos stocks vers les entrepôts Amazon, vous déléguez la préparation de commandes, la livraison et une partie du service après-vente. C’est un peu comme disposer instantanément d’une logistique digne d’un grand groupe, moyennant des frais de stockage et de traitement à intégrer dans votre calcul de marge.
Dans la pratique, beaucoup d’importateurs combinent site e-commerce propre et présence sur Amazon, Cdiscount ou d’autres marketplaces. Votre site servira de « base de marque », tandis que les marketplaces joueront le rôle d’accélérateurs de volume et de notoriété. L’essentiel est de bien positionner vos prix, vos frais de port et votre promesse logistique pour rester compétitif sans rogner excessivement votre marge.
Marketplaces françaises : cdiscount, fnac.com et ManoMano pour la visibilité produit
Au-delà d’Amazon, les marketplaces françaises comme Cdiscount, Fnac.com, ManoMano (bricolage/jardin), ou encore La Redoute et Rue du Commerce offrent des débouchés ciblés selon votre typologie de produits. Elles représentent des canaux puissants pour écouler des volumes significatifs et tester la traction de nouveaux articles importés de Chine, sans investir immédiatement dans des campagnes marketing coûteuses.
Chaque plateforme a cependant ses exigences : normes produits, délais de livraison, politique de retours, qualité des fiches produits, service client. Pour performer, vous devrez adapter votre stratégie à chaque environnement : format des titres et descriptions, choix des catégories, gestion des avis clients. Une fiche produit optimisée, avec des photos de qualité, une description précise et des informations claires sur la conformité (marquage CE, notices en français) fera souvent la différence face à des concurrents moins rigoureux.
Il est également important de suivre de près vos indicateurs de performance (taux de retour, notes clients, délai d’expédition) car ces marketplaces n’hésitent pas à pénaliser, voire suspendre, les vendeurs ne respectant pas leurs standards. Un bon ajustement entre votre capacité logistique, vos niveaux de stock et les engagements pris sur ces plateformes est donc crucial pour capitaliser sereinement sur ce canal.
Grossistes et distributeurs B2B : circuits de revente en circuit court
Si votre objectif est de développer une marque ou une gamme à fort volume, travailler avec des grossistes, centrales d’achat ou distributeurs B2B français peut s’avérer très pertinent. Dans ce schéma, vous importez depuis la Chine, stockez en France, puis revendez vos produits à d’autres professionnels (boutiques physiques, e-commerçants, réseaux spécialisés) qui se chargeront de la revente finale au consommateur. Cela vous permet de concentrer vos efforts sur le sourcing, la conformité et le marketing de marque.
Les négociations B2B impliquent généralement des remises importantes par rapport à vos prix publics, mais compensées par des volumes plus élevés et une meilleure visibilité. Vous devrez proposer un positionnement clair, un discours produit solide (tests, certifications, bénéfices clients) et une logistique fiable (délai, disponibilité, SAV). Dans certains cas, vous pourrez même nouer des partenariats d’exclusivité géographique ou sectorielle, sécurisant ainsi vos débouchés à moyen terme.
En combinant vente directe en ligne et distribution B2B, vous diversifiez vos sources de revenus et réduisez votre dépendance à un seul canal. C’est une façon efficace de lisser les aléas du marché, tout en valorisant votre expertise d’importateur auprès d’acteurs qui n’ont ni le temps ni les compétences pour sourcer eux-mêmes en Chine.
Fiscalité et structure juridique pour l’activité d’import-export
Au-delà des aspects opérationnels, l’import-export entre la Chine et la France doit s’inscrire dans un cadre fiscal et juridique adapté. Choix du statut (auto-entrepreneur, SASU…), numéro EORI, TVA intracommunautaire, comptabilisation des achats et des marges : ces éléments structurent votre activité sur le long terme. Une bonne architecture dès le départ vous évitera des blocages administratifs et des redressements fiscaux.
Statut auto-entrepreneur versus SASU pour l’import-revente
Beaucoup d’entrepreneurs commencent par acheter en Chine et revendre en France sous le statut d’auto-entrepreneur (micro-entreprise), attirés par sa simplicité administrative. Ce régime peut convenir pour tester un concept ou démarrer avec de petits volumes, notamment en e-commerce ou dropshipping. Toutefois, il présente rapidement des limites : plafond de chiffre d’affaires, impossibilité de déduire la TVA sur vos achats (sauf option particulière), image moins « corporate » vis-à-vis de certains partenaires B2B.
La SASU (ou la SARL/EURL) constitue souvent une étape naturelle dès que le volume d’importation augmente. En société, vous pouvez récupérer la TVA sur vos achats, amortir certains investissements (stocks, matériel, logiciels), accueillir des associés, et structurer une rémunération plus flexible entre salaire et dividendes. La contrepartie réside dans des obligations comptables et administratives plus lourdes, mais proportionnelles aux enjeux de votre activité.
Le choix du statut dépendra donc de votre ambition, de votre horizon de temps et du capital que vous êtes prêt à engager. Rien n’interdit de démarrer en micro-entreprise pour valider la demande, puis de basculer en SASU lorsque le modèle est éprouvé. L’essentiel est d’anticiper cette transition en tenant compte des incidences sur votre comptabilité, vos relations fournisseurs et vos obligations déclaratives.
Numéro EORI et TVA intracommunautaire pour les échanges internationaux
Pour importer des marchandises depuis la Chine vers la France, vous devez obligatoirement disposer d’un numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification). Ce numéro unique, attribué par les douanes, vous identifie en tant qu’opérateur économique au sein de l’Union européenne. Sans EORI, impossible de réaliser une déclaration en douane en votre nom, ce qui bloquerait purement et simplement vos marchandises à l’arrivée.
La demande de numéro EORI se fait en ligne auprès de la Douane française et reste relativement simple, que vous soyez micro-entrepreneur ou société. Parallèlement, vous devez obtenir un numéro de TVA intracommunautaire si vous êtes assujetti à la TVA. Même si la Chine n’est pas dans l’UE, ce numéro sera indispensable pour vos échanges avec d’autres partenaires européens (prestataires logistiques, clients B2B, marketplaces) et pour la bonne gestion de votre TVA import.
Veillez à bien communiquer ces numéros à vos transitaires, plateformes e-commerce et partenaires comptables. Ils conditionnent la possibilité d’auto-liquider la TVA à l’import et d’éviter des régularisations ultérieures. En cas de doute, rapprochez-vous de votre expert-comptable ou du Pôle Action Économique des douanes, qui accompagne les entreprises dans la structuration de leurs flux internationaux.
Comptabilisation des achats HT et marge commerciale selon le régime fiscal
Enfin, la manière de comptabiliser vos achats en provenance de Chine et de calculer votre marge commerciale dépend du régime fiscal et du statut choisis. En micro-entreprise, la comptabilité est simplifiée : vous déclarez un chiffre d’affaires brut sur lequel l’administration applique un abattement forfaitaire pour déterminer votre revenu imposable. Vous ne suivez pas formellement votre marge, même si, en pratique, vous devez la maîtriser pour rester rentable.
En société (SASU, SARL, etc.), vous enregistrez vos achats en hors taxes (compte 607 – Achats de marchandises) et vos ventes en hors taxes également, la TVA collectée et déductible faisant l’objet de comptes spécifiques. Votre marge commerciale se calcule alors comme la différence entre les ventes HT et le coût d’achat des marchandises vendues (en tenant compte des frais de transport, droits de douane, assurances, tests, etc.). Cette approche plus fine vous permet d’identifier précisément quelles gammes ou quels produits sont les plus rentables.
Un suivi rigoureux de vos coûts d’importation (prix usine, transport Chine → France, assurance, frais de dédouanement, stockage, commissions marketplaces) est indispensable pour piloter vos prix de vente en conséquence. Sans cette visibilité, il est facile de « vendre beaucoup » tout en perdant de l’argent sur certaines références. L’appui d’un expert-comptable habitué aux problématiques d’import-export sera précieux pour structurer vos tableaux de bord et optimiser votre fiscalité dans le respect des règles françaises.